mardi 22 décembre 2009

Culture Club/Le style camp


SONTAG, Susan. L’œuvre parle. Le style Camp. Paris : Seuil, 1968, 342 p.

Compte-rendu des pages 307 à 314
Par Valérie Lehmann

Susan Sontag est une essayiste et romancière américaine, née à New York en 1933 et décédée en 2004. Engagée à gauche, proche de la pensée de Roland Barthes et compagne de la photographe Annie Leibovitz, elle fut connue pour son engagement politique contre la guerre du Viêt Nam, puis plus tard contre la guerre en Iraq et la torture pratiquée dans la prison irakienne d'Abu Ghraib. Son essai Sur la photographie est considéré comme l'un des ouvrages de réflexion majeurs sur le sujet.

Dans ce chapitre, Susan Sontag tente d’expliciter ce qu’est le « Camp » en utilisant un grand nombre d’exemples, d’artistes, d’images et de personnalités. Elle est très fortement attirée par le « Camp », mais non moins irritée. La forme de ce texte est celui de la note, de l’essai, ceci afin de mieux rendre compte des formes fugitives de cette sensibilité.

D’après elle, le camp n’est en aucun cas un concept, mais une sensibilité, une façon de voir le monde comme un phénomène esthétique où l’idéal ne serait pas la beauté, mais un certain degré d’artifice, de stylisation. Il est apolitique.

L’androgyne est sans doute une des figure dominante de l’imagerie d’une sensibilité camp, mais, de façon à priori contradictoire, il y a aussi une valorisation des avantages sexuels de personnalités : la féminité et la virilité appuyée de certains acteurs de cinéma comme Jayne Mansfield ou Victor Mature par exemple.

L’art camp est, le plus souvent, un art décoratif qui met en relief la forme au détriment du contenu. Le camp est une affaire de sensibilité, d’émotion et de goût personnel. Il est donc difficile d’exprimer ce que cela représente.

Cette sensibilité particulière, propre à notre époque, trouve son point de départ vers la fin du XVII ème siècle et le début du XVIII ème siècle, du fait de la prédilection surprenante de cette période pour l’artifice, son goût pour le sensationnel et le pittoresque.

Le « Modern’Style » est un style camp dans sa forme la plus typique et la plus évoluée, mais il est différent, car le camp abolit le contenu. Le camp est sensible au romantisme des grandes entreprises ratées ou non abouties : les génies méconnus, les œuvres oubliées et redécouvertes.

Le sens vulgaire de to camp (faire du camp) est une sorte de jeu de séduction avec des expressions toujours à double sens, une mimique de sous-entendus, avec la touche d’ironie pour les initiés, et le sens plus banal pour ceux qui restent en dehors de la confrérie.

Personnellement, je ne me sens pas très proche de la plupart des « œuvres » et des figures du style camp, car je suis littéralement allergique à ce qui se rapproche du kitsch, des choses colorées et du naïf. Mais d’un autre côté, j’arrive à apprécier le kitch gore, dépressif ou sanglant. Je pense ne pas encore avoir bien saisi les finalités de cette pensée et de cette sensibilité.

samedi 19 décembre 2009

Bons plans pour petits budgets



1. Comparer les prix entre différents magasins d’alimentation et toujours choisir le plus bas.

2. Profiter des actions qui valent le coup et pas les autres ! Car on trouve la viande hachée à 10Frs du kilo et le poulet à 12 Frs congelé, 15 Frs frais.

3. Aller de temps en temps à Aligro par exemple, car comme c’est en grande quantité, c’est moins cher. Il faut pour cela un grand congélateur. Attention, tous les prix ne sont pas bas chez Aligro ! Comparer avec ce que vous connaissez.

4. Si quelqu’un à une voiture, allez en France pour certaines viandes. Mieux vaut y aller à 3 personnes minimum pour que ce soit rentable au niveau de l’essence. Attention, là aussi, tout n’est pas moins cher qu’en Suisse. Comparez les prix.

5. S’habituer à préparer des plats pas cher mais très bons et se faire plaisir de temps en temps.

6. Acheter plutôt en grande quantité même si vous êtes tout seul et préparer un repas pour 4 ou 5 personnes. Mettez les restes dans des petits tupperwares pour une ou deux personnes et mettez-les au congélateur. Quand vous n’aurez pas envie ou pas le temps de cuisiner, plutôt que d’acheter un plat préfait cher, sortez votre tupperware.

7. Si vous n’êtes pas à la maison pour dîner, préparer le jour d’avant une plus grande quantité de nourriture en emmenez votre tupperware au travail.

8. Plutôt que de jeter les légumes en fin de vie, faites une bolognaise végétarienne ou des lasagnes végétariennes et congelez-les.

9. Pareil pour la viande. Le jour avant la péremption, mettez-le au congélateur et cela rallongera la vie de votre viande de 6 mois minimum !

10. Préférez les légumes de saison, qui sont souvent en action !

11. Les plats facilement préfaisables et congelables sont : Les burgers maison, la bolognaise, la sauce tomate, le hachis Parmentier, les lasagnes, Les gratins sans crème, etc…

12. Votre persil est en train de mourir ? Coupez-le finement et hop, congélateur. Quand vous avez besoin d’un peu de persil, c’est facile !

13. Les viandes pas cher sont le poulet et la viande hachée. Regardez sur Internet, elles peuvent se décliner en une multitude de plats différents ! De plus, nous n’avons pas besoin de manger des protéines tous les jours ! Regardez les sites végétariens ou improvisez ! Exemples de ce que je fais avec du poulet : tranche panée maison, cordon-bleu maison, tranche de poulet aux champignons, papillotes de poulet aux légumes, émincé de poulet au vin rouge, poulet aigre-doux, nazi-goreng, poulet au lait de coco et à la tomate, poulet aux tagliatelle, poulet curry, nuggets, soupe de poulet, etc…

14. Souvent, les plats précuisinés sont simples à faire, meilleurs et moins cher: les sauces tomates, les röstis, les spätzli sont très simple à faire ! Regardez sur Internet.

15. Apprenez à réutiliser vos restes : il vous reste des patates de la raclette d’hier ? Faites une tortilla, des patates grillées aux légumes, ou encore des rösti ! Apprenez aussi à faire des sandwiches customisés avec vos restes ! Si vous réutilisez un met qui est en sauce, (poulet curry, aubergines à la tomate…) mettez une tranche de fromage sur un côté du pain et une belle feuille de salade sur l’autre pour éviter que le pain ne s’imbibe.

16. Une fois que les agriculteurs ont fait leur récolte de fruits, de légumes ou autre, vous avez le droit de prendre ce qu’il reste sur les arbres ou dans la terre. (voir Le glaneur et la glaneuse d’Agnès Varda) Il faut un peu de temps et une voiture, mais si vous voyez ce qu’ils laissent pourrir, mieux vaut se servir !

17. E.T.C…

vendredi 18 décembre 2009

recettes de l'atelier autogéré









Rouleaux à la crème aux fines herbes, à la tomate ou à la mangue ou au jambon cru…

Pour 6 personnes :
3 tranches de pain de mie
1 barquette de jambon cru
1/2 mangue
quelques tomates cerises
80g de fromage frais
un peu de persil, d’ail et d’échalote
1/4 de jus de citron jaune
huile d’olive, sel poivre

Mélanger persil, ail, échalote, fromage, citron, huile d’olive, sel poivre

Couper les bords du pain de mie et l’étaler avec un rouleau à pâtisserie pour l’applatir. Badigeonner de la crème et ajouter le jambon cru ou autre. Rouler à l’aide d’un tapis à sushi (ou autre). Couper les extrémités, puis couper en 4 votre rouleau. Vous pouvez ajouter un peu de rucola à l’intérieur des rouleaux.


ENTREES
Beurre d’escargot a étaler sur du pain pour accompagner le carpaccio
175 g
Ingrédients : 170g de beurre mou, une moitié d’échalote hachée, 2 gousses d’ail, 1 cuillère à soupe de persil haché, sel et poivre.
Placez l’ensemble des ingrédients dans un saladier, et malaxez-les à la main, jusqu’à ce que le mélange soit homogène.
Placez le beurre en long, au centre d’un morceau de film plastique. Roulez l’ensemble pour former un boudin, et tirebouchonnez les extrémités.
Réservez au congélateur jusqu’à utilisation.
A tartiner sur du pain et griller un peu au four

Velouté de courge au lait de coco pour 4 personnes

Ingrédients :
1 bon morceau de courge
1 blanc de poireau
1 oignon
1 tomate
un peu de persil
sel, poivre, bouillon de légumes
2dl de lait de coco

Couper la courge et la tomate en cubes, émincer l’oignon, le persil et le poireau. Dans une casserole, faire fondre un peu de beurre puis faire revenir les légumes durant 5 à 10 minutes. Ajouter de l’eau jusqu’à ce que les légumes soient à peine recouverts. Ajouter le bouillon, un peu de sel et de poivre. Laisser mijoter à feu doux durant au moins 40 minuter. Brouiller le tout au mixer et ajouter le lait de coco.

Carpaccio de saumon pour 4 personnes

Ingrédients :
1 beau filet de saumon frais sans arêtes
2 cuillères à soupe d'huile d'olive
1 citron vert
aneth ou autre
1 cs de baies de poivre rose (ou poivre simple)
(moi : j’ajoute un peu d’oignon, de poivron coupé finement et un peu de persil pour la couleur )

Emincez le filet en fines tranches. Disposez-les sur une assiette ou un plat. Arrosez avec l'huile d'olive, le jus du citron vert. Salez, poivrez et rajoutez les crudités. Laissez mariner quelques minutes au frigo. Servez frais


Conseils :
Vous pouvez placer le filet de saumon 1heure au congélateur pour faciliter sa découpe
Vin conseillé : Chablis


PLAT PRINCIPAL
Magret de canard au miel et vinaigre balsamique pour 4 à 6 personnes

2 gros magrets de canard
6 échalotes pelées et hachées
10 cl de vinaigre balsamique
1 c. à soupe de miel
sel, poivre

Préparez les magrets : retirez l’excès de gras sur les côtés mais laissez la graisse sur le dessus. À l’aide d’un couteau bien aiguisé, réalisez des entailles en forme de croisillons. Salez et poivrez.

Déposez les magrets côté peau dans une grande poêle à revêtement antiadhésif. Laissez-les cuire 10 min.
Retirez les magrets. Videz l’excès de graisse et remettez les magrets dans la poêle, côté chair cette fois-ci, 5 min environ. Retirez les magrets et réservez-les au chaud.
Dans la même poêle, faites revenir les échalotes 5 min. Versez le vinaigre.
À l’aide d’une spatule en bois, grattez bien les sucs de cuisson dans le fond de la poêle.
Ajoutez le miel et portez 1 min à ébullition.
Découpez les magrets en tranches et nappez-les de sauce avant de déguster.
Servez avec des spätzli maison

Accompagnement : gratin de courge ou purée de courge
Poireaux et carottes revenus avec des échalotes
Ou encore fagots de haricots au lard


DESSERT
Moelleux au chocolat pour 6 personnes

- 250g de chocolat dessert à 53% cacao
- 175g de beurre
- 125g de sucre glace
- 75g de farine
- 5 oeufs

Dans une casserole, faites fondre à feu très doux le chocolat avec le beurre en morceaux. Vous pouvez également utiliser un micro-onde.

Dans un bol, mélangez la farine, le sucre glace.
Ajoutez 5 oeufs et mélangez jusqu'à ce que la préparation soit homogène.
Versez délicatement le beurre et le chocolat sur la préparation.
Mélangez bien.
Prendre des ramequins en pirex ou en aliminium (5cm de haut et 7,5cm de diamètre).
Beurrez bien les moules et farinez-les bien.
Versez la préparation dans 6 moules au 3/4 du ramequin en pirex.
Préchauffez le four à 200°C (th.7).

Lorsque le four est bien chaud, enfournez 7 minutes précises à 200°C.
Servez tiède avec un coulis de mandarine ou une glace vanille.

Pour le coulis, c’est simple : pour chaque centilitre de jus, ajouter 1g de sucre. Faire cuire à feu doux jusqu’à ce que la préparation s’épaississe.

Et voili

lundi 14 décembre 2009

Culture Club / La postmodernité




Gilles Lipovetsky, L'ère du vide, Essai sur l'individualisme contemporain, Paris: Folio Essais, 1983, 314 p.

Compte-rendu des pages 115 à 155
par Antonin Demé


Gilles Lipovetsky est un essayiste français né en 1944. Ses recherches s'articulent autour des notions de postmodernité, d'hypermodernité et d'hyperindividualisme.

Depuis plus d'un siècle, le capitalisme est le théâtre d'une mutation culturelle profonde. Le modernisme, cette nouvelle logique artistique de la fin du 19ème, entend se libérer des codes de représentation hérités du passé; dès lors, chaque groupe entendra créer son actualité dans des programmes révolutionnaires faisant table rase du passé. La logique du changement et le culte de la nouveauté constituent le moteur de cette modernité artistique, caractérisée par le fait que l'avant-garde d'aujourd'hui devient inéluctablement l'académisme de demain. L'injonction moderniste à produire toujours du nouveau consacrera sa propre perte dans cette fuite en avant, et de ce fait les rébellions et les révoltes d'hier face à un ordre esthétique stable et bourgeois apparaissent plus aujourd'hui comme des gesticulations : la transgression, en s'institutionnalisant semble avoir perdu son caractère opérant sur le réel.

Cette mutation dans l'ordre culturel s'accompagne de l'essor du capitalisme : alors que l'esprit bourgeois exaltait un individualisme radical qui allait bouleverser les rapports socio-économiques, la morale bourgeoise, elle, continuait d'asseoir l'ordre des dominants à travers des valeurs célébrant les mérites du labeur et de l'ascétisme; c'est précisément à cela que s'opposent toutes les offensives des artistes du début du 20ème siècle, qui revendiquent l'authenticité du plaisir et l'émancipation hédoniste en concentrant leurs critiques face à des conventions et des institutions sociales contraignantes pour l'accomplissement de l'individu. Impulsée par des changements de sensibilité, la révolution hédoniste n'apparaît véritablement qu'avec le développement de la consommation de masse au USA dans les années vingt.

L'hédonisme devient une norme encouragée par l'essor du capitalisme, avec l'augmentation de la production et la diversité de l'offre des biens de consommation, le développement des médias, de la mode et de la publicité, sans oublier, l'accès au crédit par les classes moyennes, qui constitue la possibilité immédiate de la satisfaction des désirs. L'injonction au plaisir et à jouir de l'existence représente cette mutation radicale. Cet individualisme culturel, libéré du poids de la tradition et des conventions sociales, répond à des logiques différentes et parfois opposées à celles qui habillaient autrefois le récit capitaliste : celui par lequel il garantissait les normes progressistes favorisant l'égalité, la liberté et l'exercice démocratique. A mesure que l'hédonisme s'est imposé comme valeur ultime et légitimante du capitalisme, ce dernier, autrefois lié à l'éthique protestante, a perdu sa fonction structurelle dans la société.

C'est cette crise culturelle et spirituelle des sociétés qui caractérise la postmodernité. Le postmodernisme artistique, lui, se caractérise ainsi : l'hédonisme, en se démocratisant, a vidé la transgression de sa substance, célébrant ainsi la fin du divorce entre les valeurs de la sphère artistique et celle du quotidien. On parle ici de difficulté esthétique pour les artistes à effectuer des propositions novatrices. Les années soixante et la révolution sexuelle semblent constituer l'ultime offensive contre les valeurs puritaines et utilitaristes. Mais plus encore, c'est l'avènement de la société de consommation de masse qui semble l'opérateur le plus effectif de cette mutation culturelle postmoderne.

L'homme est devenu cinétique : l'environnement auquel il doit s'adapter est continuellement changeant et l'individu semble perdre sa capacité opérante sur le réel. L'émancipation du "citoyen-consommateur" apparaît comme paradoxale : autant ce dernier semble gagner en autonomie par l'augmentation de l'éventail privé de ses choix, autant les modèles multiples auxquels il doit faire face semblent de plus en plus soumis à une forme de programmation effectuée par la société marchande, de plus en plus prompte à organiser la sphère privée et à contrôler les rapports sociaux.