mardi 22 décembre 2009

Culture Club/Le style camp


SONTAG, Susan. L’œuvre parle. Le style Camp. Paris : Seuil, 1968, 342 p.

Compte-rendu des pages 307 à 314
Par Valérie Lehmann

Susan Sontag est une essayiste et romancière américaine, née à New York en 1933 et décédée en 2004. Engagée à gauche, proche de la pensée de Roland Barthes et compagne de la photographe Annie Leibovitz, elle fut connue pour son engagement politique contre la guerre du Viêt Nam, puis plus tard contre la guerre en Iraq et la torture pratiquée dans la prison irakienne d'Abu Ghraib. Son essai Sur la photographie est considéré comme l'un des ouvrages de réflexion majeurs sur le sujet.

Dans ce chapitre, Susan Sontag tente d’expliciter ce qu’est le « Camp » en utilisant un grand nombre d’exemples, d’artistes, d’images et de personnalités. Elle est très fortement attirée par le « Camp », mais non moins irritée. La forme de ce texte est celui de la note, de l’essai, ceci afin de mieux rendre compte des formes fugitives de cette sensibilité.

D’après elle, le camp n’est en aucun cas un concept, mais une sensibilité, une façon de voir le monde comme un phénomène esthétique où l’idéal ne serait pas la beauté, mais un certain degré d’artifice, de stylisation. Il est apolitique.

L’androgyne est sans doute une des figure dominante de l’imagerie d’une sensibilité camp, mais, de façon à priori contradictoire, il y a aussi une valorisation des avantages sexuels de personnalités : la féminité et la virilité appuyée de certains acteurs de cinéma comme Jayne Mansfield ou Victor Mature par exemple.

L’art camp est, le plus souvent, un art décoratif qui met en relief la forme au détriment du contenu. Le camp est une affaire de sensibilité, d’émotion et de goût personnel. Il est donc difficile d’exprimer ce que cela représente.

Cette sensibilité particulière, propre à notre époque, trouve son point de départ vers la fin du XVII ème siècle et le début du XVIII ème siècle, du fait de la prédilection surprenante de cette période pour l’artifice, son goût pour le sensationnel et le pittoresque.

Le « Modern’Style » est un style camp dans sa forme la plus typique et la plus évoluée, mais il est différent, car le camp abolit le contenu. Le camp est sensible au romantisme des grandes entreprises ratées ou non abouties : les génies méconnus, les œuvres oubliées et redécouvertes.

Le sens vulgaire de to camp (faire du camp) est une sorte de jeu de séduction avec des expressions toujours à double sens, une mimique de sous-entendus, avec la touche d’ironie pour les initiés, et le sens plus banal pour ceux qui restent en dehors de la confrérie.

Personnellement, je ne me sens pas très proche de la plupart des « œuvres » et des figures du style camp, car je suis littéralement allergique à ce qui se rapproche du kitsch, des choses colorées et du naïf. Mais d’un autre côté, j’arrive à apprécier le kitch gore, dépressif ou sanglant. Je pense ne pas encore avoir bien saisi les finalités de cette pensée et de cette sensibilité.

samedi 19 décembre 2009

Bons plans pour petits budgets



1. Comparer les prix entre différents magasins d’alimentation et toujours choisir le plus bas.

2. Profiter des actions qui valent le coup et pas les autres ! Car on trouve la viande hachée à 10Frs du kilo et le poulet à 12 Frs congelé, 15 Frs frais.

3. Aller de temps en temps à Aligro par exemple, car comme c’est en grande quantité, c’est moins cher. Il faut pour cela un grand congélateur. Attention, tous les prix ne sont pas bas chez Aligro ! Comparer avec ce que vous connaissez.

4. Si quelqu’un à une voiture, allez en France pour certaines viandes. Mieux vaut y aller à 3 personnes minimum pour que ce soit rentable au niveau de l’essence. Attention, là aussi, tout n’est pas moins cher qu’en Suisse. Comparez les prix.

5. S’habituer à préparer des plats pas cher mais très bons et se faire plaisir de temps en temps.

6. Acheter plutôt en grande quantité même si vous êtes tout seul et préparer un repas pour 4 ou 5 personnes. Mettez les restes dans des petits tupperwares pour une ou deux personnes et mettez-les au congélateur. Quand vous n’aurez pas envie ou pas le temps de cuisiner, plutôt que d’acheter un plat préfait cher, sortez votre tupperware.

7. Si vous n’êtes pas à la maison pour dîner, préparer le jour d’avant une plus grande quantité de nourriture en emmenez votre tupperware au travail.

8. Plutôt que de jeter les légumes en fin de vie, faites une bolognaise végétarienne ou des lasagnes végétariennes et congelez-les.

9. Pareil pour la viande. Le jour avant la péremption, mettez-le au congélateur et cela rallongera la vie de votre viande de 6 mois minimum !

10. Préférez les légumes de saison, qui sont souvent en action !

11. Les plats facilement préfaisables et congelables sont : Les burgers maison, la bolognaise, la sauce tomate, le hachis Parmentier, les lasagnes, Les gratins sans crème, etc…

12. Votre persil est en train de mourir ? Coupez-le finement et hop, congélateur. Quand vous avez besoin d’un peu de persil, c’est facile !

13. Les viandes pas cher sont le poulet et la viande hachée. Regardez sur Internet, elles peuvent se décliner en une multitude de plats différents ! De plus, nous n’avons pas besoin de manger des protéines tous les jours ! Regardez les sites végétariens ou improvisez ! Exemples de ce que je fais avec du poulet : tranche panée maison, cordon-bleu maison, tranche de poulet aux champignons, papillotes de poulet aux légumes, émincé de poulet au vin rouge, poulet aigre-doux, nazi-goreng, poulet au lait de coco et à la tomate, poulet aux tagliatelle, poulet curry, nuggets, soupe de poulet, etc…

14. Souvent, les plats précuisinés sont simples à faire, meilleurs et moins cher: les sauces tomates, les röstis, les spätzli sont très simple à faire ! Regardez sur Internet.

15. Apprenez à réutiliser vos restes : il vous reste des patates de la raclette d’hier ? Faites une tortilla, des patates grillées aux légumes, ou encore des rösti ! Apprenez aussi à faire des sandwiches customisés avec vos restes ! Si vous réutilisez un met qui est en sauce, (poulet curry, aubergines à la tomate…) mettez une tranche de fromage sur un côté du pain et une belle feuille de salade sur l’autre pour éviter que le pain ne s’imbibe.

16. Une fois que les agriculteurs ont fait leur récolte de fruits, de légumes ou autre, vous avez le droit de prendre ce qu’il reste sur les arbres ou dans la terre. (voir Le glaneur et la glaneuse d’Agnès Varda) Il faut un peu de temps et une voiture, mais si vous voyez ce qu’ils laissent pourrir, mieux vaut se servir !

17. E.T.C…

vendredi 18 décembre 2009

recettes de l'atelier autogéré









Rouleaux à la crème aux fines herbes, à la tomate ou à la mangue ou au jambon cru…

Pour 6 personnes :
3 tranches de pain de mie
1 barquette de jambon cru
1/2 mangue
quelques tomates cerises
80g de fromage frais
un peu de persil, d’ail et d’échalote
1/4 de jus de citron jaune
huile d’olive, sel poivre

Mélanger persil, ail, échalote, fromage, citron, huile d’olive, sel poivre

Couper les bords du pain de mie et l’étaler avec un rouleau à pâtisserie pour l’applatir. Badigeonner de la crème et ajouter le jambon cru ou autre. Rouler à l’aide d’un tapis à sushi (ou autre). Couper les extrémités, puis couper en 4 votre rouleau. Vous pouvez ajouter un peu de rucola à l’intérieur des rouleaux.


ENTREES
Beurre d’escargot a étaler sur du pain pour accompagner le carpaccio
175 g
Ingrédients : 170g de beurre mou, une moitié d’échalote hachée, 2 gousses d’ail, 1 cuillère à soupe de persil haché, sel et poivre.
Placez l’ensemble des ingrédients dans un saladier, et malaxez-les à la main, jusqu’à ce que le mélange soit homogène.
Placez le beurre en long, au centre d’un morceau de film plastique. Roulez l’ensemble pour former un boudin, et tirebouchonnez les extrémités.
Réservez au congélateur jusqu’à utilisation.
A tartiner sur du pain et griller un peu au four

Velouté de courge au lait de coco pour 4 personnes

Ingrédients :
1 bon morceau de courge
1 blanc de poireau
1 oignon
1 tomate
un peu de persil
sel, poivre, bouillon de légumes
2dl de lait de coco

Couper la courge et la tomate en cubes, émincer l’oignon, le persil et le poireau. Dans une casserole, faire fondre un peu de beurre puis faire revenir les légumes durant 5 à 10 minutes. Ajouter de l’eau jusqu’à ce que les légumes soient à peine recouverts. Ajouter le bouillon, un peu de sel et de poivre. Laisser mijoter à feu doux durant au moins 40 minuter. Brouiller le tout au mixer et ajouter le lait de coco.

Carpaccio de saumon pour 4 personnes

Ingrédients :
1 beau filet de saumon frais sans arêtes
2 cuillères à soupe d'huile d'olive
1 citron vert
aneth ou autre
1 cs de baies de poivre rose (ou poivre simple)
(moi : j’ajoute un peu d’oignon, de poivron coupé finement et un peu de persil pour la couleur )

Emincez le filet en fines tranches. Disposez-les sur une assiette ou un plat. Arrosez avec l'huile d'olive, le jus du citron vert. Salez, poivrez et rajoutez les crudités. Laissez mariner quelques minutes au frigo. Servez frais


Conseils :
Vous pouvez placer le filet de saumon 1heure au congélateur pour faciliter sa découpe
Vin conseillé : Chablis


PLAT PRINCIPAL
Magret de canard au miel et vinaigre balsamique pour 4 à 6 personnes

2 gros magrets de canard
6 échalotes pelées et hachées
10 cl de vinaigre balsamique
1 c. à soupe de miel
sel, poivre

Préparez les magrets : retirez l’excès de gras sur les côtés mais laissez la graisse sur le dessus. À l’aide d’un couteau bien aiguisé, réalisez des entailles en forme de croisillons. Salez et poivrez.

Déposez les magrets côté peau dans une grande poêle à revêtement antiadhésif. Laissez-les cuire 10 min.
Retirez les magrets. Videz l’excès de graisse et remettez les magrets dans la poêle, côté chair cette fois-ci, 5 min environ. Retirez les magrets et réservez-les au chaud.
Dans la même poêle, faites revenir les échalotes 5 min. Versez le vinaigre.
À l’aide d’une spatule en bois, grattez bien les sucs de cuisson dans le fond de la poêle.
Ajoutez le miel et portez 1 min à ébullition.
Découpez les magrets en tranches et nappez-les de sauce avant de déguster.
Servez avec des spätzli maison

Accompagnement : gratin de courge ou purée de courge
Poireaux et carottes revenus avec des échalotes
Ou encore fagots de haricots au lard


DESSERT
Moelleux au chocolat pour 6 personnes

- 250g de chocolat dessert à 53% cacao
- 175g de beurre
- 125g de sucre glace
- 75g de farine
- 5 oeufs

Dans une casserole, faites fondre à feu très doux le chocolat avec le beurre en morceaux. Vous pouvez également utiliser un micro-onde.

Dans un bol, mélangez la farine, le sucre glace.
Ajoutez 5 oeufs et mélangez jusqu'à ce que la préparation soit homogène.
Versez délicatement le beurre et le chocolat sur la préparation.
Mélangez bien.
Prendre des ramequins en pirex ou en aliminium (5cm de haut et 7,5cm de diamètre).
Beurrez bien les moules et farinez-les bien.
Versez la préparation dans 6 moules au 3/4 du ramequin en pirex.
Préchauffez le four à 200°C (th.7).

Lorsque le four est bien chaud, enfournez 7 minutes précises à 200°C.
Servez tiède avec un coulis de mandarine ou une glace vanille.

Pour le coulis, c’est simple : pour chaque centilitre de jus, ajouter 1g de sucre. Faire cuire à feu doux jusqu’à ce que la préparation s’épaississe.

Et voili

lundi 14 décembre 2009

Culture Club / La postmodernité




Gilles Lipovetsky, L'ère du vide, Essai sur l'individualisme contemporain, Paris: Folio Essais, 1983, 314 p.

Compte-rendu des pages 115 à 155
par Antonin Demé


Gilles Lipovetsky est un essayiste français né en 1944. Ses recherches s'articulent autour des notions de postmodernité, d'hypermodernité et d'hyperindividualisme.

Depuis plus d'un siècle, le capitalisme est le théâtre d'une mutation culturelle profonde. Le modernisme, cette nouvelle logique artistique de la fin du 19ème, entend se libérer des codes de représentation hérités du passé; dès lors, chaque groupe entendra créer son actualité dans des programmes révolutionnaires faisant table rase du passé. La logique du changement et le culte de la nouveauté constituent le moteur de cette modernité artistique, caractérisée par le fait que l'avant-garde d'aujourd'hui devient inéluctablement l'académisme de demain. L'injonction moderniste à produire toujours du nouveau consacrera sa propre perte dans cette fuite en avant, et de ce fait les rébellions et les révoltes d'hier face à un ordre esthétique stable et bourgeois apparaissent plus aujourd'hui comme des gesticulations : la transgression, en s'institutionnalisant semble avoir perdu son caractère opérant sur le réel.

Cette mutation dans l'ordre culturel s'accompagne de l'essor du capitalisme : alors que l'esprit bourgeois exaltait un individualisme radical qui allait bouleverser les rapports socio-économiques, la morale bourgeoise, elle, continuait d'asseoir l'ordre des dominants à travers des valeurs célébrant les mérites du labeur et de l'ascétisme; c'est précisément à cela que s'opposent toutes les offensives des artistes du début du 20ème siècle, qui revendiquent l'authenticité du plaisir et l'émancipation hédoniste en concentrant leurs critiques face à des conventions et des institutions sociales contraignantes pour l'accomplissement de l'individu. Impulsée par des changements de sensibilité, la révolution hédoniste n'apparaît véritablement qu'avec le développement de la consommation de masse au USA dans les années vingt.

L'hédonisme devient une norme encouragée par l'essor du capitalisme, avec l'augmentation de la production et la diversité de l'offre des biens de consommation, le développement des médias, de la mode et de la publicité, sans oublier, l'accès au crédit par les classes moyennes, qui constitue la possibilité immédiate de la satisfaction des désirs. L'injonction au plaisir et à jouir de l'existence représente cette mutation radicale. Cet individualisme culturel, libéré du poids de la tradition et des conventions sociales, répond à des logiques différentes et parfois opposées à celles qui habillaient autrefois le récit capitaliste : celui par lequel il garantissait les normes progressistes favorisant l'égalité, la liberté et l'exercice démocratique. A mesure que l'hédonisme s'est imposé comme valeur ultime et légitimante du capitalisme, ce dernier, autrefois lié à l'éthique protestante, a perdu sa fonction structurelle dans la société.

C'est cette crise culturelle et spirituelle des sociétés qui caractérise la postmodernité. Le postmodernisme artistique, lui, se caractérise ainsi : l'hédonisme, en se démocratisant, a vidé la transgression de sa substance, célébrant ainsi la fin du divorce entre les valeurs de la sphère artistique et celle du quotidien. On parle ici de difficulté esthétique pour les artistes à effectuer des propositions novatrices. Les années soixante et la révolution sexuelle semblent constituer l'ultime offensive contre les valeurs puritaines et utilitaristes. Mais plus encore, c'est l'avènement de la société de consommation de masse qui semble l'opérateur le plus effectif de cette mutation culturelle postmoderne.

L'homme est devenu cinétique : l'environnement auquel il doit s'adapter est continuellement changeant et l'individu semble perdre sa capacité opérante sur le réel. L'émancipation du "citoyen-consommateur" apparaît comme paradoxale : autant ce dernier semble gagner en autonomie par l'augmentation de l'éventail privé de ses choix, autant les modèles multiples auxquels il doit faire face semblent de plus en plus soumis à une forme de programmation effectuée par la société marchande, de plus en plus prompte à organiser la sphère privée et à contrôler les rapports sociaux.

lundi 9 novembre 2009

Atelier autogéré de Sonia Rickli / Présentation de "Hyper" en avant-première / Mardi 10 novembre 2009 à 16h au Bâtiment d'Art Contemporain de Genève

J'ai choisi de profiter de l'atelier autogéré pour présenter aux étudiants du Master TRANS ainsi qu'à quelques amis, en avant-première, la performance que je réaliserai le vendredi 13 novembre 2009 dans le cadre du festival Points d'Impact - organisé par Piano Nobile (www.pianonobile.ch).
" Hyper " est une performance sur laquelle j'ai centré mon travail de Bachelor. J'ai mené cette recherche tout au long de l'année 2008-2009.
Les organisatrices de Points d'Impact, Marie-Eve Knoerle & Maryline Billod, ont assisté à mon jury de Bachelor et m'ont proposé de reprendre cette pièce lors du festival qui aura lieu du 12 au 15 novembre.
Depuis, j'ai retravaillé cette pièce; je l'ai modifiée; j'ai essayé de la préciser.
J'invite donc les spectateurs à assister à cette étape de travail afin de recueillir leurs impressions et d'entendre leurs critiques.
J'espère, par cette rencontre, engager une discussion pertinente sur cette performance, sur mon travail ainsi que sur le monde de la performance en général.
A l'issue de cette rencontre, je pourrai consacrer les 3 journées qu'il me restera à affiner cette pièce.
J'aimerai préciser cependant que je n'ai pas eu accès à l'espace du BAC à cause d'un chantier et que cette avant-première sera, pour moi aussi, une découverte.

vendredi 6 novembre 2009



Meyrin et son Forum

Rare sont les visiteurs qui arrivent à Meyrin par hasard. Pour ma part, je découvrais Meyrin par une belle journée d’hiver, il y a sept ans de cela. Je devais effectuer un stage de deux mois au Théâtre Forum Meyrin et y animer une exposition sur la physique et l’électrostatique. Je me souviens d’autant plus de ce jour, que trop occuper à regarder mon plan, j’arrivai trop vite sur un rond point et emboutissais l’arrière d’une voiture. Ainsi, j’arrivai triomphalement chez ma logeuse en dépanneuse. Désormais à pied, je pu profiter pleinement du charme de cette ville nouvelle construite dans les années 60 pour faire face au boom démographique. Meyrin, avec 500 habitants en 1900 comptait un siècle plus tard près de 20000 habitants répartis en une centaine de nationnalités. Par chance, Meyrin verra s’installer sur ses terres quelques entreprises qui rapportent gros (industrie pharmaceutique, aéroport, casino…), lui permettant ainsi de disposer de ressources non négligeables. Assez vite, les habitants créeront une association et demanderont aux autorités des équipements culturels, requête qui sera entendue avec la naissance du Forum Meyrin en 1995, dotant la commune d’un théâtre, d’une bibliothèque, de salles d’exposition, d’une salle des jeunes et de salles mises à dispositions des associations.
Le Forum se situe à deux pas de la mairie et se trouve en face du centre commercial sur la place (pompeusement) nommée Place des cinq continents. Meyrin est à la recherche d’une identité, et le Forum, en régie municipale, se trouve ainsi être l’instrument principal de la politique culturelle de la ville. Aussi on l’habille de la rhétorique classique du forum et de l’agora, le lieu des rencontres et de l’exercice du débat démocratique… Si le Forum est au service de cette noble intention, il est aussi la vitrine extérieure de la commune et doit participer à son désenclavement.
Récemment, le débat politique meyrinnois s’est focalisé sur le Théâtre Forum Meyrin. Des élus de droite, en charge du département tournant de la culture, ont reproché à son directeur une ligne artistique jugée trop élitiste et ne correspondant pas à la demande populaire. Le départ de son directeur (de son propre choix) et la mise en place d’une nouvelle direction laissent actuellement nombre de questions ouvertes quant aux choix et à l’identité future du théâtre.

Mon travail et la médiation
Les expositions du Forum sont qualifiées de tout public. Entendez par là qu’elles s’adressent tout particulièrement à des publics scolaires et familles. Longtemps labellisées exposition interactives, les expositions ont su faire venir à Meyrin de nombreuses classes du canton, en proposant des grands thèmes exploitables en classe par les professeurs : l’art et les sciences, la ville, les machines, l’aventure polaire, l’équilibre, les cinq sens, la colonisation, la peur ou encore Mein Kampf… Ces expositions s’efforcent d’être didactiques (tout en voulant y échapper).
Le travail de médiation autour des expositions est assez classique. Mon travail est d’ accueillir les publics et d’animer l’exposition. Il faut donc s’emparer du thème et du dispositif d’exposition pour concevoir une visite. J’ai appris au fil des ans les rudiments du travail : s’adresser à un groupe, fabriquer un discours, gérer les déplacements et favoriser les échanges, autant de stratégies et de diversions pour tenir les visiteurs. Sur une même exposition, des publics très variés peuvent intervenir : enfants, adolescents et adultes, réunis par classes d’âges ou tous ensembles ; tous ces groupent constituent autant de situations de visite pour lesquelles il est nécessaire d’adapter sa parole. Très vite, j’ai compris l’importance des jeux de discours dans le rôle qui m’était donné. Aussi, si la parole du « guide » s’habille souvent d’une neutralité objective, elle est avant tout autorité et, j’ai souvent pris plaisir à dévoyer cet état, soit en partant dans des digressions délibérées, soit en mettant en doute cette autorité par l’énormité de ce qui était proféré. Car en filigrane, l’objectif constant de ces prestations demeure celui qui permet l’exercice de l’esprit critique des visiteurs. Cela a parfois créé des points de frictions et des désaccords avec mon employeur, j’ai cependant toujours défendu mon point de vue, en tant que cette liberté du médiateur est essentielle et nécessaire, pour qu’il ne devienne pas un gentil petit soldat.
Pour terminer, il me semblait intéressant de vous parler des autres projets de médiation qui existent dans ce lieu.
Un premier projet qui s’étale de septembre à juin propose à douze classes de cycles de travailler sur le thème de la collection. Le projet est coordonné par le Forum et proposent aux professeurs des outils méthodologiques, un agenda et un suivi de projet tout au long de l’année. Chaque classe est amenée à proposer un projet sur le thème de la collection en vue d’une exposition collective dans les salles du Forum. Après avoir réfléchi sur les modalités de la collection, chaque classe devra proposer un projet qui doit être validé par le Forum. Ensuite viendra sa réalisation, et toute l’organisation qui s’en suit : communication, affiche, flyer, accrochage, vernissage et travail de médiation. Les professeurs ont des temps de travail libérés par le DIP pour travailler ensemble à l’avancement du projet et doivent rencontrer un artiste travaillant sur ce thème, un scientifique du MEG puis un scénographe. Les classes seront à plusieurs reprises accueillies au Forum pour visiter des expositions et découvrir le fonctionnement du lieu. Par ailleurs, pour renforcer la dimension collective du projet, une plateforme numérique et un forum de discussion ont été créés pour faciliter les échanges, les récits d’expériences et permettre au classe de faire part de l’avancement de leurs recherches.
Un autre projet a également retenu mon attention. Cette année, une exposition présentera le travail photographique d’artistes qui s’interessent aux corps vieillissants. Dans le même temps, un atelier mouvement intitulé un corps pour toute la vie a été proposé à des vieux. Une des salles d’exposition leur sera consacré à travers des récits de vies et chaque samedi durant l’exposition, ils viendront faire état de ce work in progress à travers des performances. En fin d’année, ils donneront une représentation à laquelle se joindra sur scène un groupe d’enfants ayant suivi le même atelier.
Encore un pour la route. Avant cette année, le Forum proposaient des ateliers d’initiation artistique menés par des professionnels de la danse, du théâtre et de la musique. Cette année, ces ateliers pratiques se transforment en un parcours trandisciplinaires à travers lequel les enfants exploreront le mouvement, la musique, l’écriture et les arts plastiques. Chaque période d’atelier sera menée conjointement par des intervenants de deux disciplines associées pour nourrir et décloisonner les approches, en vue d’une restitution publique dont la forme n’est pas encore déterminée. Parallèlement, ces enfants bénéficieront d’une carte famille leur permettant de voir des spectacles (à prix réduits) pour exercer leur regard.


vendredi 30 octobre 2009

blablablaforêtsblablabl'

Hep! les trans, -ans-ans-ans-ans...Heureusement, Catia a été forte: elle n'a pas coupé le branchage de Forêts, elle a tenu le coup, elle n'a pas appuyé sur le bouton rouge à côté d'elle, et comme Antonin avait eu la bonne idée de nous emmener dans son Forum, on a pu en passer des heures, à regarder des tableaux qui bougent et se figent soudain, pendant qu'un autre ( tableau) continue en transparence, se foutant du temps et des générations et me faisant angoisser et frissonner. Ouf!, on a aussi vu de jolis tout nus, se promener enveloppés dans une bâche en plastique, et en fait: c'était une tumeur. Tatouée avec goût, se mouvant avec grâce. Et ces phrases, répétées de générations en générations: même mots, mais dans un contexte différent. C'est cyclique, on n'en sort pas! ... Lequel de mes ancêtres a dit: "Hep! les trans, -ans-ans-ans-ans...Heureusement que Catia a été forte: elle n'a pas coupé trop de bras"...?
Je ne vais qu'occasionnellement au théâtre. Au théâtre, le ton, l'a r t i c u l a t i o n, me mettent terriblement mal-à-l'aise, j'ai une sorte de gêne, pour les acteurs, et pour le public aussi. Alors je profite surtout de la scénographie et de la musique et je ressors bizarre. Mardi la première scène m'a embarassée: ces acteurs qui font trop semblant de s'amuser, qui dansent et qui sont maladroits et puis tac! Emportée dans l'histoire: Odette, Hélène, Léonie, Ludivine, Sara, Luce, Aimée, Lou, et cet os, qui traîne... Allez, mangez bien chaud ce w-end les trans- Léonore

jeudi 22 octobre 2009

Atelier autogéré

Situé dans un espace et une durée spécifique, l'atelier autogéré se présente comme un échange proposé par un étudiant au reste de l'orientation Trans. A l'aide d'outils définis au préalable, il amène une situation et invite à la partager. Un support de discussion est mis en place pour aboutir à une trace, une archive qui sera mise en ligne sur ce blog.

Proche de la micro expérience et de la micro entreprise non mercantile, chacun joue de sa spécificité pour nous sortir des sentiers battus et susciter notre curiosité qui peut, pourquoi pas, se transformer en intérêt mutuel.


Une visite, une discussion, un repas, une activité, un coup de coeur ou un coup d'autre chose, telles seront les potentiels de ces ateliers autogérés.

La première cession sera ouverte par Antonin Demé qui nous invite à découvrir ou re-découvrir le Forum de Meyrin. RDV mardi 27 octobre pour assister à la pièce de théâtre Forêts écrite et mise en scène par Wajdi Mouawa.



www.forum-meyrin.ch