lundi 17 mai 2010

Génériques

Dans le cadre d'un travail sur les séries télé avec Fabienne Radi, professeur du cours Culture Club, je me suis penchée non pas sur le contenu général d'une série (synopsis, acteurs, etc), mais sur un élément constitutif de celle-ci, à savoir son générique.

Le générique (« opening credits » en anglais) sert à présenter les acteurs apparaissant dans les épisodes ainsi qu'à recenser les différentes personnes qui ont permis la réalisation des images, allant du réalisateur, en passant par le monteur à la maquilleuse engagée par la production. Par ailleurs, ce générique est accompagné d'un thème musical. Une mélodie qui fait partie intégrante de la série, jouant un rôle identitaire et la rendant par conséquent reconnaissable entre mille. Ainsi, lorsqu'on entend les premières notes de la série McGyver, on imagine immédiatement le héros à la coupe mulet fabriquant une bombe avec deux trombones et un chewing-gum à l'aide de son couteau suisse. Que ce soit K2000, Alerte à Malibu ou encore Desperate Housewives, il suffit que leur air principal soit fredonné pour que la série soit mentalement reconstituée.

McGyver

K2000

Si l'on observe les différents génériques de ces 50 dernières années, on peut remarquer une modification du statut de ceux-ci. Mis à part quelques exceptions, ils n'étaient auparavant pas réellement travaillés et servaient essentiellement à donner des informations « techniques » comme explicité plus haut. Les génériques se constituaient alors d'un thème musical et de séquences tirées de certains épisodes. Actuellement, le nombre de séries usant d'une introduction plus développée et soignée a augmenté. En effet, on s'éloigne de plus en plus de l'illustration pour aller vers l'essence même de la série. Ici, le mot « introduction » prend tout son sens, car les concepteurs prennent dorénavant soin d'« introduire » le téléspectateur dans l'univers particulier de la série. Ainsi, ces génériques prennent des airs de mini court-métrages et leur durée s'allonge à l'image du budget qui leur est octroyé. Désormais, les producteurs n'hésitent plus à déléguer ce travail à des sociétés spécialisées dans le marketing audiovisuel. La communication autour d'une série est devenue le maître-mot, le générique se transforme en un impressionnant business permettant de se démarquer de l'importante concurrence en matière de télévision.

Il existe différents types de génériques tous aussi intéressants à analyser les uns que d'autres. Il y a par exemple des séries qui jouent sur les introductions qui changent à chaque épisode telles que The Simpsons (1989) ou encore Weeds (2005) dont l'air du générique chanté par Malvina Reynolds, Little boxes, durant toute la première saison est ensuite repris par différents artistes comme Elvis Costello, Regina Spektor et même Linking Park dans les deux saisons suivantes. Cependant, dès la saison 4, l'histoire ne se situant plus à Agrestic, cette chanson disparaît pour laisser place à de petites séquences en lien avec l'intrigue de l'épisode. Ce genre de procédé rend le générique lui aussi intéressant pour le téléspectateur qui le suivra tout aussi attentivement que le reste.

Weeds Malvina Reynolds
Weeds Rise against
Weeds version rap

Créer un générique accrocheur susceptible de capter l’attention du spectateur à répétition est désormais un but fondamental dans la production d’une série. Prenons le cas explicite du générique de Desperate Housewives (2004) créé par les graphistes de yY+Co. Avec la musique toute carillonnante de Danny Elfman, connu pour ses collaborations avec Tim Burton, l'évolution de la femme est mis en scène à travers de multiples références à l'art dans une ambiance voguant entre légèreté et enfance. Dans la catégorie des bons génériques, impossible de passer à côté de celui de Dexter, une exquise mise en bouche pour entrer dans le cerveau dérangé de son héros. Réalisée par les génies de Digital Kitchen qui ont également signé le générique de Six Feet Under et de Nip/Tuck entre autres, l'introduction (1mn46) atteint un niveau supérieur dans le domaine. En effet, en filmant ces gestes routiniers du matin, mais sous un angle un peu plus inquiétant, les concepteurs ont parfaitement réussi à refléter le synopsis de la série: le quotidien d'un serial killer qui tente de se fondre dans la masse. Pas étonnant que cette création ait reçu un Emmy Award en 2007 (tout comme Six Feet Under en 2002 dans la même catégorie).

Dexter
Six Feet Under

Autre projet de la boîte Digital Kitchen, True Blood (2008) crée par Alan Ball (également créateur de Six Feet Under et scénariste d'American Beauty). Inspirée des romans de Charlaine Harris, La Communauté du sud (Southern Vampire Mysteries), la série se déroule à BonTemps, petite ville de Louisiane où cohabitent tant bien que mal humains et vampires (et d'autres bestioles du genre). Hormis quelques puristes décidés à ne pas corrompre leur identité de méchants suceurs d'hémoglobine, la plupart des vampires se nourrissent exclusivement de Tru Blood, une boisson au sang synthétique, et n'attaquent plus les hommes. Mais une vague de meurtres perpétrés dans la localité va renforcer la méfiance des êtres humains à l'égard de ces mutants. Au milieu de ce racisme ambiant, se développe pourtant une amourette entre Sookie Stackhouse la serveuse et Bill Compton le vampire.

True Blood

Le générique de cette série est un petit film à lui tout seul (1mn30). Rythmé par la chanson « Bad Things » de Jace Everett, il décrit parfaitement l'ambiance de la série et l'image que l'on peut avoir sur le sud des Etats-Unis (les marais, les crocodiles, le vaudou, la chaleur, l'humidité...). Les réalisateurs se sont d'ailleurs beaucoup inspirés du documentaire Searching for the Wrong-Eyed Jesus, un roadtrip à travers la Louisiane avec le chanteur de country « alternative » Jim White. Pour la réalisation de ce générique, toute l'équipe s'est déplacée dans le sud pour mieux s'imprégner des lieux. Le tournage ne s'est pourtant pas fait entièrement sur place. Toutes les scènes de bar se sont faites à Seattle et celles de messe à Chicago. Par ailleurs, des extraits de documentaires à caractère historique (Klu Klux Klan, émeutes urbaines) ou animalier (un serpent, un renard en décomposition, une grenouille absorbée par une plante carnivore) viennent compléter ce tableau quelque peu glauque où aucun protagoniste de la série n'apparaît... vampire compris. Autre élément intéressant à relever, la typographie utilisée pour le titre de la série est inspirée des panneaux de signalisation peints à la main que l'on trouve sur les bords de route dans la région. De plus, les réalisateurs ont employé des techniques de transfert de Polaroïd pour créer certains effets visuels comme lors de l'apparition du titre True Blood : ce sont des procédés chimiques d'émulsion en photographie qui ont été filmés.

En analysant le générique séquence par séquence, on remarque que les éléments typiques de la région sont présents. On aperçoit les bayous, ses poissons-chats et ses crocodiles ainsi que les cabanes sur pilotis des pêcheurs-trappeurs entre les cyprès d'eau. La référence à la religion est également bien marquée avec les scènes se déroulant lors d'une messe suivie par des fidèles noirs chantant et frappant dans leurs mains au rythme du gospel ou encore les images d’un pasteur exorcisant une fidèle visiblement envoûtée. A l'opposée, on trouve dans certaines séquences des femmes dévêtues, se tortillant sur le sol ou dansant de façon sexy dans des bars à l'ambiance feutrée. Un contraste que l'on retrouve également dans les tons utilisés: les scènes religieuses sont plutôt claires et blanches tandis que les scènes de femmes langoureuses ou se déroulant dans un bar sont passées au filtre rouge. Par ailleurs, on remarque que l'introduction commence au petit matin dans les bayous pour se terminer avec une scène de baptême dans l'eau en pleine nuit. Dans une séquence filmée depuis une voiture, on aperçoit une pancarte illuminée sur laquelle on peut lire « God hates fangs » qui se traduit par « Dieu hait les crocs », petit clin d'œil à cette lutte entre religion et vampires.

Plusieurs images « subliminales » de corps dénudés viennent ponctuer le générique qui joue beaucoup sur le rythme des séquences, les ralentis et les accélérés. Il débute avec des séquences longues en travelling puis se succèdent de plus en plus rapidement et nerveusement, comme des flash avec des images parasites très furtives. Les fidèles finissent par entrer en transe alors que les filles d'un bar se tortillent de plus belle, on peut y voir un parallèle (transe-danse), notamment avec la scène de la mue accélérée d’un insecte. Les humains qu'ils soient fanatiques ou débauchés se comportent finalement tous de la même manière : comme des bêtes.


Cathia Rocha
Culture Club - Fabienne Radi


mercredi 12 mai 2010

Visite de l'ONU



Nous nous sommes retrouvés le jeudi 6 mai pour une visite guidée du Palais des Nations. Celle-ci commence par le passage de la sécurité qu’Eléonore ne passera évidemment pas avec son rouleau de papier de deux mètres de long. Après avoir cherché un endroit où dissimuler ce discret petit objet à l’extérieur, elle finit par le confier à je ne sais quel gardien de je ne sais quel bâtiment en face de l’ONU. Nous sommes donc au complet et retrouvons notre guide pour le début de la visite.

L'Organisation internationale des Nations Unies a été fondée en 1945, après la Seconde Guerre mondiale, par 51 pays déterminés à maintenir la paix et la sécurité internationales, à développer des relations amicales entre les nations, à promouvoir le progrès social, à instaurer de meilleures conditions de vie et à accroître le respect des droits de l'homme.

De par son statut unique à l'échelon international et les pouvoirs que lui confère sa Charte fondatrice, l'Organisation peut prendre des mesures pour résoudre un grand nombre de problèmes. En outre, elle constitue un forum où ses 192 États Membres expriment leur opinion par l'intermédiaire de l'Assemblée générale, du Conseil de sécurité, du Conseil économique et social, des autres organes et comités.

L'activité des Nations Unies couvre toutes les parties du globe. Si les opérations de maintien et de consolidation de la paix, de prévention des conflits et d'assistance humanitaire sont bien connues, l'influence des Nations Unies et de son système (institutions spécialisées, fonds et programmes) se manifeste également de multiples façons dans notre quotidien et contribue à créer un monde meilleur.

L'Organisation se consacre à un grand nombre de questions fondamentales, comme le développement durable, la protection de l'environnement et des réfugiés, les secours en cas de catastrophe, la lutte contre le terrorisme, le désarmement et la non-prolifération, la promotion de la démocratie, les droits de l'homme, la gouvernance, le développement économique et social, la santé publique, le déminage et l'augmentation de la production alimentaire et bien plus encore.

Nous avons donc pu visiter les salles emblématiques du Palais des Nations dont la « Salle des Droits de l’homme et de l’alliance des civilisations » décorée par Barcelo (vue de l’extérieur en raison d’une conférence), la « salle des Assemblées » (la plus grande du Palais des Nations) et la « Salle du Conseil » décorée des peintures murales de José Maria Sert. Nous avons également pu admirer la « Salle des pas perdus » et en chemin les magnifiques œuvres offertes à l’Office des Nations Unies par les différents pays de l’Organisation.


Enfin, étant donné la fin prématurée du printemps, le pic nique initialement prévu après la visite s’est transformé en poulet-frites chez « Ma cousine » !


Carine Parola