mardi 12 janvier 2010

Atelier autogéré de
Alexandra Häberli sur l’exposition :

Genipulation - Génie génétique et manipulation dans l’art contemporain au CentrePasqueArt à Bienne.


Voir une exposition de mon point de vue :

Je voulais présenter cette exposition parce que le mélange entre l’art et la science m’intéresse et me fascine beaucoup. Depuis longtemps les artistes se penchent sur des thématiques scientifiques. Le premier de ceux-ci fut Léonard de Vinci.

Je fais aussi en ce moment des collages qui montrent des mondes absurdes, entre autres liés à notre rapport à la nourriture et à la manipulation génétique des aliments.

C’est une thématique très vive dans nos sociétés et cette exposition nous offre des pistes de réflexion sur ce que sera notre futur, en bien comme en mal. La technique offre aujourd’hui de vastes perspectives mais de profonds problèmes éthiques se posent. C’est une thématique contradictoire aussi ; la manipulation génétique soulève des espoirs (sauver des vies, pouvoir nourrir la population qui augmente de plus en plus), mais aussi des risques (destruction de l’équilibre écologique ? ).

L’exposition Génipulation est très variée. Dans presque chaque salle il y avait un artiste différent, présentant des œuvres très diverses et indépendantes des autres. J’ai choisi sept artistes qui m’ont particulièrement touchés, surtout sentimentalement mais aussi esthétiquement et de contenu. Parmi ceux-ci, certains s’approprient les techniques scientifiques ou travaillent dans les laboratoires comme Artistes-in-Labs et d’autres remettent en question les principes éthiques ou jouent avec l’esthétique du génie génétique et de la manipulation.

Les œuvres datent des années 80 à nos jours, mais surtout des années 90, où ce thème était très actuel, notamment à cause du mouton Dolly, le premier être cloné en 1996. La figure du double devenait alors réalité.

J’aime bien les mondes fictifs, bizarres, étranges et cette imagination indéterminée des artistes.


Art Orienté Objet :

Les deux artistes travaillent dans leur collectif comme des scientifiques en manteau blanc. Leurs questions sont liées aux méthodes scientifiques et aux relations entre les espèces. Avec Culture de peau d’artistes, 1996/97, ils créent une pièce avec leurs propres cellules mises sous culture, qu’ils ont greffées sur le derme d’un porc sur lesquels ils ont fait des tatouages d’espèces en disparition. Ils entremêlent les espèces vivantes. Les manipulations génétiques d’organes entre animaux et êtres humains sont techniquement possibles mais ce n’est qu’une question éthique.

www.artorienteobjet.com

Aziz+Cucher :

Avec la technique de la photographie, les deux artistes créent des êtres hybrides et jouent avec les limites traditionnelles entre organique et artificiel en utilisant comme texture la peau. Des objets très bizarres, comme ici : Chimera nr. 4, 1998, 60x30 inches, on ne sait pas trop si ce sont des déformations à cause d’une manipulation, s’ils sont vivants ou morts.

www.azizcucher.net




Jaq Chartier :

Cette artiste américaine fait des recherches sur les réactions entre les matériaux. Elle emploie une démarche scientifique pour une pratique artistique et utilise la forme de gènes du code ADN, le code même de « la vie », et joue sur son caractère esthétique.

6 lines, 1998, 11x11cm

www.jaqbox.com



Michel Huelin :

Il est l’un des artiste qui étaient invités en 2001 comme artiste résident au département radiologique des Hôpitaux Universitaires de Genève. Il imagine des mondes de science-fiction fascinants, des mondes futuristes après une manipulation de l’écosystème. Il crée des êtres hybrides entre des végétaux, des animaux et des minéraux. J’aime la série des Xenobiosis (vies étrangères), les grandes impressions où je peux me plonger dans les mondes végétaux.

Xenobiosis 8, 2008, 177x127 cm

www.huelin.ch


Reiner Maria Matysik :

Il est fasciné par la biologie et crée des organismes fantastiques. Il fait des prototypes d’êtres vivants et les met en place comme dans un musée d’histoire naturelle avec une fiche descriptive (nom en latin, dimension, poids, façon de se nourrir etc.). Il invente de nouveaux organismes, mais en même temps ils ont l’air préhistoriques. Il les fait très minutieusement en pâte à modeler.

Biofakte, 2007

www.reinermatysik.de


Patricia Piccinini :

Elle se penche sur l’éthique quant aux avancées biotechnologiques. Que va-t-on encore créer ? Dans son œuvre Nature morte avec des cellules souches, 2007, elle expose des espèces à la fois mignonnes et dégoûtantes. Les cellules souches sont des cellules qui se trouvent au stade embryonnaire de tout individu et peuvent se renouveler indéfiniment. L’espoir dans la science est de pouvoir créer de nouveaux organes à partir leurs propres cellules souches. Dans un nouveau travail, elle humanise même des véhicules.

www.patriciapiccinini.net


Wiedemann/Mettler :

Leur travail artistique est consacré à la maladie et aux déformations pathologiques, souvent liées aux animaux, notamment à cause des tests scientifiques et de la maltraitance. Dans l’œuvre Morbus Cosmos (le cosmos malade), 2007, les animaux mécaniques entourés de virus et sans fourrure font réellement pitié quand le senseur les fait bouger.

www.wiedemannmettler.ch