lundi 9 novembre 2009

Atelier autogéré de Sonia Rickli / Présentation de "Hyper" en avant-première / Mardi 10 novembre 2009 à 16h au Bâtiment d'Art Contemporain de Genève

J'ai choisi de profiter de l'atelier autogéré pour présenter aux étudiants du Master TRANS ainsi qu'à quelques amis, en avant-première, la performance que je réaliserai le vendredi 13 novembre 2009 dans le cadre du festival Points d'Impact - organisé par Piano Nobile (www.pianonobile.ch).
" Hyper " est une performance sur laquelle j'ai centré mon travail de Bachelor. J'ai mené cette recherche tout au long de l'année 2008-2009.
Les organisatrices de Points d'Impact, Marie-Eve Knoerle & Maryline Billod, ont assisté à mon jury de Bachelor et m'ont proposé de reprendre cette pièce lors du festival qui aura lieu du 12 au 15 novembre.
Depuis, j'ai retravaillé cette pièce; je l'ai modifiée; j'ai essayé de la préciser.
J'invite donc les spectateurs à assister à cette étape de travail afin de recueillir leurs impressions et d'entendre leurs critiques.
J'espère, par cette rencontre, engager une discussion pertinente sur cette performance, sur mon travail ainsi que sur le monde de la performance en général.
A l'issue de cette rencontre, je pourrai consacrer les 3 journées qu'il me restera à affiner cette pièce.
J'aimerai préciser cependant que je n'ai pas eu accès à l'espace du BAC à cause d'un chantier et que cette avant-première sera, pour moi aussi, une découverte.

vendredi 6 novembre 2009



Meyrin et son Forum

Rare sont les visiteurs qui arrivent à Meyrin par hasard. Pour ma part, je découvrais Meyrin par une belle journée d’hiver, il y a sept ans de cela. Je devais effectuer un stage de deux mois au Théâtre Forum Meyrin et y animer une exposition sur la physique et l’électrostatique. Je me souviens d’autant plus de ce jour, que trop occuper à regarder mon plan, j’arrivai trop vite sur un rond point et emboutissais l’arrière d’une voiture. Ainsi, j’arrivai triomphalement chez ma logeuse en dépanneuse. Désormais à pied, je pu profiter pleinement du charme de cette ville nouvelle construite dans les années 60 pour faire face au boom démographique. Meyrin, avec 500 habitants en 1900 comptait un siècle plus tard près de 20000 habitants répartis en une centaine de nationnalités. Par chance, Meyrin verra s’installer sur ses terres quelques entreprises qui rapportent gros (industrie pharmaceutique, aéroport, casino…), lui permettant ainsi de disposer de ressources non négligeables. Assez vite, les habitants créeront une association et demanderont aux autorités des équipements culturels, requête qui sera entendue avec la naissance du Forum Meyrin en 1995, dotant la commune d’un théâtre, d’une bibliothèque, de salles d’exposition, d’une salle des jeunes et de salles mises à dispositions des associations.
Le Forum se situe à deux pas de la mairie et se trouve en face du centre commercial sur la place (pompeusement) nommée Place des cinq continents. Meyrin est à la recherche d’une identité, et le Forum, en régie municipale, se trouve ainsi être l’instrument principal de la politique culturelle de la ville. Aussi on l’habille de la rhétorique classique du forum et de l’agora, le lieu des rencontres et de l’exercice du débat démocratique… Si le Forum est au service de cette noble intention, il est aussi la vitrine extérieure de la commune et doit participer à son désenclavement.
Récemment, le débat politique meyrinnois s’est focalisé sur le Théâtre Forum Meyrin. Des élus de droite, en charge du département tournant de la culture, ont reproché à son directeur une ligne artistique jugée trop élitiste et ne correspondant pas à la demande populaire. Le départ de son directeur (de son propre choix) et la mise en place d’une nouvelle direction laissent actuellement nombre de questions ouvertes quant aux choix et à l’identité future du théâtre.

Mon travail et la médiation
Les expositions du Forum sont qualifiées de tout public. Entendez par là qu’elles s’adressent tout particulièrement à des publics scolaires et familles. Longtemps labellisées exposition interactives, les expositions ont su faire venir à Meyrin de nombreuses classes du canton, en proposant des grands thèmes exploitables en classe par les professeurs : l’art et les sciences, la ville, les machines, l’aventure polaire, l’équilibre, les cinq sens, la colonisation, la peur ou encore Mein Kampf… Ces expositions s’efforcent d’être didactiques (tout en voulant y échapper).
Le travail de médiation autour des expositions est assez classique. Mon travail est d’ accueillir les publics et d’animer l’exposition. Il faut donc s’emparer du thème et du dispositif d’exposition pour concevoir une visite. J’ai appris au fil des ans les rudiments du travail : s’adresser à un groupe, fabriquer un discours, gérer les déplacements et favoriser les échanges, autant de stratégies et de diversions pour tenir les visiteurs. Sur une même exposition, des publics très variés peuvent intervenir : enfants, adolescents et adultes, réunis par classes d’âges ou tous ensembles ; tous ces groupent constituent autant de situations de visite pour lesquelles il est nécessaire d’adapter sa parole. Très vite, j’ai compris l’importance des jeux de discours dans le rôle qui m’était donné. Aussi, si la parole du « guide » s’habille souvent d’une neutralité objective, elle est avant tout autorité et, j’ai souvent pris plaisir à dévoyer cet état, soit en partant dans des digressions délibérées, soit en mettant en doute cette autorité par l’énormité de ce qui était proféré. Car en filigrane, l’objectif constant de ces prestations demeure celui qui permet l’exercice de l’esprit critique des visiteurs. Cela a parfois créé des points de frictions et des désaccords avec mon employeur, j’ai cependant toujours défendu mon point de vue, en tant que cette liberté du médiateur est essentielle et nécessaire, pour qu’il ne devienne pas un gentil petit soldat.
Pour terminer, il me semblait intéressant de vous parler des autres projets de médiation qui existent dans ce lieu.
Un premier projet qui s’étale de septembre à juin propose à douze classes de cycles de travailler sur le thème de la collection. Le projet est coordonné par le Forum et proposent aux professeurs des outils méthodologiques, un agenda et un suivi de projet tout au long de l’année. Chaque classe est amenée à proposer un projet sur le thème de la collection en vue d’une exposition collective dans les salles du Forum. Après avoir réfléchi sur les modalités de la collection, chaque classe devra proposer un projet qui doit être validé par le Forum. Ensuite viendra sa réalisation, et toute l’organisation qui s’en suit : communication, affiche, flyer, accrochage, vernissage et travail de médiation. Les professeurs ont des temps de travail libérés par le DIP pour travailler ensemble à l’avancement du projet et doivent rencontrer un artiste travaillant sur ce thème, un scientifique du MEG puis un scénographe. Les classes seront à plusieurs reprises accueillies au Forum pour visiter des expositions et découvrir le fonctionnement du lieu. Par ailleurs, pour renforcer la dimension collective du projet, une plateforme numérique et un forum de discussion ont été créés pour faciliter les échanges, les récits d’expériences et permettre au classe de faire part de l’avancement de leurs recherches.
Un autre projet a également retenu mon attention. Cette année, une exposition présentera le travail photographique d’artistes qui s’interessent aux corps vieillissants. Dans le même temps, un atelier mouvement intitulé un corps pour toute la vie a été proposé à des vieux. Une des salles d’exposition leur sera consacré à travers des récits de vies et chaque samedi durant l’exposition, ils viendront faire état de ce work in progress à travers des performances. En fin d’année, ils donneront une représentation à laquelle se joindra sur scène un groupe d’enfants ayant suivi le même atelier.
Encore un pour la route. Avant cette année, le Forum proposaient des ateliers d’initiation artistique menés par des professionnels de la danse, du théâtre et de la musique. Cette année, ces ateliers pratiques se transforment en un parcours trandisciplinaires à travers lequel les enfants exploreront le mouvement, la musique, l’écriture et les arts plastiques. Chaque période d’atelier sera menée conjointement par des intervenants de deux disciplines associées pour nourrir et décloisonner les approches, en vue d’une restitution publique dont la forme n’est pas encore déterminée. Parallèlement, ces enfants bénéficieront d’une carte famille leur permettant de voir des spectacles (à prix réduits) pour exercer leur regard.